Bois du Gyps

Synthèse de travaux forestiers réalisés pour le compte du GFI France Valley Patrimoine

 

Date de publication : 20 juin 2026

La présente note a pour objet d'apporter un éclairage factuel sur les travaux forestiers réalisés au sein du Bois du Gyps, propriété du GFI France Valley Patrimoine, lesquels ont récemment fait l'objet d'articles de presse locale.
Deux publications ont notamment été consacrées à ce sujet :
•    Le Progrès du 22 mai 2026 ;
•    La Voix du Jura du 13 juin 2026

Dans ce contexte, il apparaît essentiel de rappeler les éléments techniques, sanitaires et réglementaires ayant conduit le GFI France Valley Patrimoine, en lien avec son expert forestier local, à mettre en œuvre progressivement des coupes sanitaires destinées à faire face au dépérissement des peuplements causé par les attaques de scolytes.
Les développements ci-après visent à présenter ces éléments de manière objective afin de permettre une bonne compréhension de la situation et des décisions de gestion qui en ont découlé.

1. Présentation générale de la propriété

Le Bois du Gyps, appartenant au GFI France Valley Patrimoine, couvre une superficie de 30,5 ha. Il représente 0,097 % des 31 372 ha gérés par GFI France Valley Patrimoine.Il est constitué majoritairement d’essences résineuses, principalement d’épicéa commun, ainsi que de diverses essences feuillues dont le hêtre, qui reste localisé et ne représente qu’environ 14 % de la surface totale.

Depuis plusieurs années, les épicéas subissent une forte attaque du typographe, communément appelé « scolyte de l’épicéa ». Ce petit insecte se développe sous l’écorce des arbres et entraîne leur dépérissement puis leur mort.

En 2018, le Bois du Gyps a déclaré ses premiers foyers, encore peu vigoureux mais déjà présents. Au fil des années, en corrélation avec le réchauffement climatique, ces insectes se sont propagés sur l’ensemble du massif jurassien, se développant par « envolées » successives et créant de nouveaux îlots d’infestation disséminés.

La propagation très rapide du scolyte a conduit à réaliser plusieurs interventions successives, tout en recherchant le maintien maximal du couvert forestier afin de limiter les surfaces de coupe rase et les besoins en reboisement. Malgré ces efforts et les demandes d’autorisations administratives nécessaires, les épicéas de la propriété n’ont finalement pas pu être maintenus.

2. Situation sanitaire et réglementaire

Les interventions réalisées sur le Bois du Gyps ne peuvent être assimilées à une simple coupe rase à vocation économique. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une crise sanitaire majeure touchant l’épicéa à l’échelle du massif jurassien et plus largement de nombreux massifs européens.

Depuis 2018, la propriété a fait l’objet de nombreuses interventions sanitaires successives afin de maintenir autant que possible les peuplements en place et de limiter les surfaces concernées par les coupes rases.

Des îlots ont été volontairement conservés lorsque leur état sanitaire le permettait et aucune zone n’a fait l’objet d’une intervention mécanique lourde.

À l’inverse, l’absence d’intervention sur certaines parcelles voisines a favorisé le maintien et la propagation du scolyte, contribuant à l’extension des foyers à l’échelle locale.

Les opérations réalisées sur le Bois du Gyps s’inscrivent par ailleurs dans le cadre des obligations réglementaires applicables aux zones de lutte obligatoire contre le scolyte de l’épicéa.

Conformément à l’arrêté préfectoral n° 2020-716 du 18 décembre 2020 relatif à la lutte obligatoire contre les scolytes de l’épicéa commun, les propriétaires publics ou privés situés en zone de lutte obligatoire sont tenus :

•    de procéder à la reconnaissance et à l’abattage des arbres infestés ; 

•    d’assurer leur évacuation à plus de 5 km des massifs forestiers ou leur écorçage ; 

•    de gérer préventivement les bois exploités afin d’éviter la création de nouveaux foyers de reproduction du ravageur. 

Les arbres infestés devaient donc être abattus et évacués dans les meilleurs délais afin de limiter la propagation du ravageur et de prévenir les risques sanitaires et sécuritaires.

3. Historique des interventions sanitaires dans le Bois de Gyps 

Voici le détail des éclaircies successives et coupes réalisées sur le Bois du Gyps pour raison sanitaire. Les coupes réalisées ne sont pas des coupes rases à vocation économique. Elles résultent d'une crise sanitaire liée aux scolytes (typographes), documentée depuis 2018 sur ce massif et à l'échelle de l'ensemble du massif jurassien.

 

2018

Exploitation d’éclaircie des parcelles situées au sud de la route, conformément au PSG n° 39-0847/2, avec un prélèvement de 215 m³ d’épicéa et de sapin sur 11 ha, dont 35 % d’arbres scolytés.

Commercialisation bord de route à la scierie Ducret

 

2022

Extraction sanitaire, conformément au PSG n° 39-0847/2, de :

    • 54 m³ d’épicéa scolytés ;
    • 121 m³ de hêtre chablis (bois de chauffage).

Commercialisation à l’Entreprise Florent Grandclément

 

Juin 2023

Extraction d’épicéas et de sapins chablis, conformément au PSG n° 39-0847/2, pour un volume de 65 m³.

Commercialisation à la scierie « La scie Coupe »

 

Septembre 2023

Extraction sanitaire de :

    • 198 m³ d’épicéas scolytés ;
    • 9 m³ de hêtres chablis.

Commercialisation à l’Entreprise Florent Grandclément

Exploitation sanitaire majeure :

Exploitation des parcelles 1 à 5 :

    • Volume total : 1 231 m³ ;
    • Surface : 23 ha ;
    • Répartition :
      • 50 % d’arbres secs de faible valeur;
      • 50 % d’arbres verts ou piqués (attaque récente ou en cours du scolyte).

Les arbres verts ou piqués présentaient encore une apparence vivante mais montraient déjà une perte d’aiguilles.

Une demande de coupe d’urgence a été déposée le 17 octobre 2023 pour une surface d’environ 20 ha.

Accord du CNPF obtenu le 25 octobre 2023 (N/Réf. : 39-0847-2/U1).

Commercialisation à la société Schilliger Bois

 

2024

Exploitation sanitaire sur l’ensemble de la propriété :

    • Volume total : 911 m³ ;
    • Surface : 8 ha ;
    • Répartition :
      • 7 % d’arbres secs sans valeur ;
      • 93 % d’arbres verts ou piqués.

Près de 70 % des arbres dits « verts » présentaient en réalité une attaque récente ou en cours du scolyte, avec perte d’aiguilles, cimes sèches et/ou décollement d’écorce.

Une demande de coupe d’urgence a été déposée le 05 août 2024 pour une surface d’environ 8 ha.

Accord du CNPF obtenu le 05 août 2024 (N/Réf. : 39-0004-1).

Commercialisation à la société Schilliger Bois

 

2025

Exploitation sanitaire sur l’ensemble de la propriété, à la sortie de l’été début octobre :

    • Volume total : 930 m³ ;
    • Surface : 7,5 ha ;
    • Répartition :
      • 46 % d’arbres secs ;
      • 54 % d’arbres verts ou piqués.

Près de 80 % des arbres verts présentaient une attaque récente ou en cours du scolyte.

Une demande de coupe d’urgence a été déposée le 13 mars 2025 pour une surface d’environ 7,5 ha.

Il s’agit d’extractions sanitaires et de coupes rases localisées ou complémentaires à celles existantes.

Accord du CNPF obtenu le 27 mars 2025 (N/Réf. : 39-0847-3/U1).

En complément, les bancs rocheux et les bordures de route ont été mis en sécurité par l’exploitation des arbres dangereux susceptibles de tomber sur les usagers.

Cette intervention fait également suite à une mise en demeure adressée par le Département du Jura le 18 septembre 2025, avec un délai de deux mois pour la mise en sécurité.

Un arrêté municipal autorisant la fermeture temporaire de la route départementale a été accordé afin de permettre une exploitation rapide et sécurisée.

Commercialisation à la société Schilliger Bois

 

2026

Exploitation des derniers îlots d’épicéas dépérissant par l’entreprise Schilliger Bois, vendus à l’unité de produit.

Les relevés sont actuellement en attente, le débardage devant s’achever le 15 juin 2026.

Le contrat de vente à l’unité de produit, signé le 15 décembre 2025.

4. Travaux de reboisement

Les premiers foyers font l’objet d’une aide de l’État dans le cadre du dispositif « France 2030 » pour une surface de 3,4 ha. Le montant de l’aide est accordé à hauteur de 80 % des frais.
Le GFI France Valley Patrimoine a financé sur ses fonds propres les 16,7 ha restants.

Les reboisements ont été réalisés au printemps 2026 après une préparation localisée du sol prenant en compte la topographie, les conditions climatiques du secteur marquées par un enneigement fréquent, les variations stationnelles ainsi que la présence plus ou moins importante d’éléments grossiers.

Les travaux n’ont pas consisté en un terrassement ou un décapage généralisé des terrains. Ils ont été adaptés aux caractéristiques de chaque secteur et limités à un broyage localisé à la pelle, à un sous-solage sur les lignes de plantation et à une mise en andains des rémanents d’exploitation entre les lignes.

Aucune souche n’a été retirée, sauf lorsque sa présence empêchait localement l’installation des plants.

La présence importante de pierres ou de lapiaz observée aujourd’hui ne résulte donc pas des travaux de préparation de sol réalisés. Elle constitue une caractéristique naturelle et ancienne de ces terrains, rendue plus visible par la disparition du couvert forestier consécutive aux attaques de scolytes.

5.  Choix des essences et adaptation au changement climatique

Le choix des essences a été conditionné par les contraintes climatiques et géologiques du secteur, mais également par les variations de profondeur et de qualité des sols observées sur la propriété.
Trois essences résineuses ont été retenues :


Cèdre (37 %)
Le cèdre a été implanté dans les secteurs les plus pierreux et superficiels, généralement situés en sommet.
Cette essence se distingue par son excellente capacité d’enracinement, sa résistance aux épisodes de sécheresse et sa bonne adaptation aux sols pierreux et superficiels, caractéristiques des secteurs sommitaux de la propriété.


Douglas (37 %)
Le douglas a été implanté dans les zones intermédiaires, caractérisées par des sols plus profonds et de meilleure qualité. Ces conditions lui permettent d’exprimer pleinement son potentiel de croissance tout en assurant une bonne résistance aux aléas climatiques et la constitution d’un peuplement productif et durable.


Mélèze d’Europe (26 %)
Le mélèze d’Europe a été implanté dans les secteurs bas de versant, où les sols sont plus profonds, la réserve utile en eau plus importante et les conditions climatiques plus fraîches. Cette essence y trouve des conditions optimales pour son développement et contribue à la diversification ainsi qu’à la résilience future du massif.

6. Maintien de la régénération naturelle

Certaines zones présentant des lapiaz affleurants ou des sols trop superficiels n’ont volontairement pas été reboisées.
Compte tenu de leurs faibles potentialités forestières, elles ont été maintenues en régénération naturelle.

Par ailleurs, la régénération naturelle était historiquement très limitée sur la propriété du fait de la densité des peuplements d’épicéas en place. L’ouverture récente du couvert forestier, conséquence directe du dépérissement sanitaire, permettra désormais l’installation progressive d’essences pionnières et de feuillus divers, qui seront conservés et accompagnés lors des futurs entretiens. Néanmoins, il faut noter une forte pression du gibier.

7. Contexte de la controverse 

A la suite des différentes coupes sanitaires réalisées sur le massif de Gyps, plusieurs accusations ont été adressées à France Valley concernant la réalisation des travaux et exploitations forestières. Cela a donné lieu à la mobilisation de différentes parties prenantes et à la publication de deux articles de presse.

Article Le Progrès – 22 mai 2026

Suite à un courrier du Maire de Septmoncel en date du 14 avril 2026 signalant l'obstruction du sentier des Lapidaires à la suite de travaux forestiers sur le Bois de Gyps, France Valley a immédiatement pris contact avec le Maire afin de lui indiquer la vidange des bois dans les jours suivants.

France Valley a ainsi mis en demeure le prestataire de débardage (société alsacienne) dont la convention prévoyait explicitement le dégagement du sentier. Ce dernier n'avait pas respecté cette clause. Le sentier était dégagé le 19 mai 2026, soit avant même la parution de l'article le 22 mai 2026, comme l'a constaté la journaliste elle-même (« En repassant sur place ce mardi 19 mai, Le Progrès a pu constater que le sentier des Lapidaires avait refait surface. Pour le plus grand bonheur des futurs randonneurs. »).

Clément Roche, Directeur des investissements, a été interviewé. Il a reconnu le manquement du prestataire et confirmé la mise en demeure.

Article La Voix du Jura – 13 juin 2026

Le 12 juin 2026, un journaliste de la Voix du Jura a contacté le gestionnaire forestier en charge de la gestion du Bois de Gyps le matin, l'informant à 13h30 qu'un article serait publié le soir même.

Cela fait suite à la mobilisation d’une association locale dénonçant des pratiques de gestion abusives (coupes rases non justifiées, décapage des sols forestiers, reboisement avec des essences exotiques, entre autres)

Un échange téléphonique de 20 minutes a également eu lieu à 16h ce jour-là entre le journaliste et les équipe de gestion de France Valley. Les éléments de contexte (crise scolytes, obligations réglementaires, programme de reboisement) ont été communiqués. Malgré cela, le titre retenu pour l’article de La Voix du Jura publié le 13 juin 2026 reprend les termes de l'association locale et du riverain (« Cette forêt « décapée » pour planter des espèces exotiques : « Un saccage, on n’avait jamais vu ça dans le Haut-Jura »).

8. Accusations adressées et réponses 

Article Le Progrès - 22 mai 2026

1- Sentier des Lapidaires rendu impraticable pendant plusieurs mois

La convention signée avec le prestataire de débardage (société alsacienne) prévoyait explicitement le dégagement du sentier. Ce dernier n'a pas respecté cette clause. Dès réception du courrier du Maire de Septmoncel (14 avril 2026), France Valley a mis en demeure le prestataire d'intervenir. Le sentier était entièrement dégagé le 19 mai 2026, constaté par la journaliste elle-même avant la parution de l'article.

2- Chantier laissé à l'abandon

Il ne s'agit pas d'un abandon mais d'un manquement contractuel du prestataire, immédiatement traité par France Valley dès qu'il a été signalé. Le chantier de débardage était contractuellement en cours ; l'absence d'engins sur place ne signifiait pas l'arrêt définitif des travaux.

3- Gêne pour les professionnels de la montagne

Le préjudice causé aux accompagnateurs et aux randonneurs est réel et regretté. Il est directement imputable au non-respect par le prestataire de ses obligations contractuelles, et non à une décision de France Valley. La situation a été résolue dans les délais les plus brefs une fois le signalement reçu.

4 & 5- Coupes successives / non-respect de la convention par le prestataire

Les coupes successives étaient inévitables : chaque intervention a été calibrée au strict nécessaire, dans l'espoir de stopper la progression du ravageur avec un minimum de surface impactée. La progression plus rapide qu'anticipée du scolyte a rendu chaque évaluation précédente caduque. Sur la convention, France Valley reconnaît le manquement du prestataire et a engagé les démarches contractuelles appropriées.

Article La Voix du Jura - 13 juin 2026

1- « Un saccage » / coupe sans précédent dans le Haut-Jura

L’article titre démarre par la mention suivante : « Vingt-sept hectares de forêt ont été rasés pour planter de nouvelles essences dans le Haut-Jura ». Le journaliste nous avait indiqué dans son mail de contact les parcelles de la commune de Septmoncel concernées par son article : AE 108, 41 et 37.

France Valley détient les parcelles AE 41 et AE 37 pour un total de 11,44 hectares, loin des 27 hectares affichés. La majorité de la surface de l’article ne correspond donc pas à la propriété de France Valley.

2- Coupe de hêtres et de bois encore verts

Dans ce qui est la propriété de France Valley, les interventions ont été progressives sur 8 ans (2018–2026), autorisées à chaque étape par le CNPF. La crise des scolytes affecte massivement l'ensemble de l'arc jurassien depuis 2018 : de nombreux propriétaires publics et privés ont conduit des opérations similaires dans la région. Il ne s'agit pas d'un choix de gestion mais d'une réponse à un sinistre sanitaire documenté.

Il semble utile de rappeler que bien que le feuillage demeure vert, cela ne veut absolument pas dire que l’arbre ne connaît pas de problème sanitaire. C’est particulièrement vrai pour les scolytes. Les premiers stigmates se matérialisent par des piqures modérées sur le tronc qui n’impactent dans un premier temps pas le feuillage. Toutefois, à ce stade, l’arbre est malheureusement d’ores et déjà condamné. Ce n’est que quelques semaines après que l’invasion se remarque en cime.

Les volumes de hêtres coupés sont par ailleurs anecdotiques et pour l’écrasante majorité concernés des chablis (bois tombés).

3- Terrassement jusqu'au caillou, sol mis à nu

Les travaux de préparation ont été limités et adaptés parcelle par parcelle : broyage localisé en bandes, sous-solage en bandes selon les secteurs. Aucune souche n'a été arrachée sauf empêchement local à la plantation. Les roches affleurantes visibles (lapiaz) sont une caractéristique naturelle de ce terrain calcaire, simplement rendue visible par la disparition du couvert forestier due aux scolytes — elles existaient avant toute intervention.

4- Ce n'est pas une coupe, c'est un terrassement - dynamique naturelle détruite

La régénération naturelle en épicéas n'était pas une option viable : l'essence est précisément celle qui est massivement attaquée par les scolytes et dont la résilience face au changement climatique est très faible en contexte jurassien. Laisser le terrain sans intervention aurait conduit à une lande improductive pendant des décennies. La préparation du sol est une condition nécessaire à la reprise d'un couvert forestier dans les délais les plus courts.

5- Plantation d'essences allochtones / industrielles

Le cèdre, le douglas et le mélèze sont explicitement recommandés par le CNPF dans ses guides d'adaptation des forêts au changement climatique pour les contextes jurassiens. Leur sélection a été faite par un expert forestier local en fonction des caractéristiques précises de chaque secteur (altitude, exposition, qualité de sol). Ce ne sont pas des choix de rendement à court terme : le douglas et le cèdre atteignent leur maturité en 60 à 80 ans. Le mélèze contribue à la diversification et à la résilience du massif. Ces essences sont par ailleurs largement employées en France :

  • Le douglas a été massivement introduit en France après-guerre pour atteindre 420 000 ha aujourd’hui ;
  • Le mélèze y est présent naturellement;
  • Le cèdre, comme son nom l’indique, est originaire de l’Atlas mais présente une bonne résistance face aux sécheresses répétées.

6- Écosystème fragilisé - sol qui ne retient pas l'eau

Le sol a effectivement été mis à nu par la mort des épicéas, avant même les coupes. La préparation du sol vise précisément à créer les conditions d'une reprise rapide du couvert végétal. Les 35 000 plants mis en terre au printemps 2026 permettront, dès les premières années, de reconstituer une litière et de limiter l'érosion. L'absence de plantation aurait prolongé durablement cet état de fragilité. Par ailleurs, il semble opportun de rappeler que des arbres morts ne jouent plus leur rôle de pompe naturelle ce qui aurait modifié également l’économie de l’eau de la zone.

7- Spirale infernale - dépérissement des parcelles voisines

C'est l'inverse qui est documenté : ce sont des parcelles voisines non traitées qui ont contribué à la propagation du scolyte vers le Bois du Gyps. L'arrêté préfectoral n° 2020-716 impose précisément la coupe et l'évacuation rapide des bois infestés pour protéger les massifs environnants. Ne pas intervenir aurait constitué un risque accru pour les propriétés limitrophes.

7 & 8- Présence d'espèces protégées - chauves-souris, grand tétras

L'exploitation des bois scolytés a débuté en octobre 2025 et s’est achevé en janvier 2026, en dehors des périodes de reproduction du Grand Tétras et des phases de maternité des chiroptères, limitant ainsi les risques de dérangement des espèces les plus sensibles.

9- Production primant sur la fonction environnementale et sociale

Le reboisement en essences diversifiées (trois espèces aux profils écologiques distincts) répond précisément à un objectif de résilience à long terme, et non de rendement immédiat. Le produit des coupes ne couvre pas le coût du reboisement (plus de 8 000 €/ha), financé en intégralité sur fonds propres du GFI. La remise en état du massif constitue un investissement à perte à court terme, assumé dans l'intérêt de l'actif à long terme (diversification des essences, production de bois d’œuvre à long terme) et pour miser sur avant tout sur la résilience de l’écosystème forestier pour qu’il puisse remplir sa fonction d’accueil de la biodiversité. 

10. Conclusion 

Les travaux réalisés au Bois du Gyps ne résultent ni d’une logique de surexploitation, ni d’un projet de transformation artificielle du milieu forestier. Ils constituent la réponse progressive et encadrée à une crise sanitaire majeure qui, depuis 2018, a conduit au dépérissement généralisé des peuplements d’épicéas du massif.

Pendant huit années, les interventions ont été conduites sous le contrôle des autorités forestières compétentes et dans le respect des obligations réglementaires liées à la lutte contre les scolytes. 

À mesure que la situation sanitaire se dégradait, le maintien du couvert forestier a été recherché aussi longtemps que possible avant que le reboisement ne devienne l’unique solution permettant d’assurer l’avenir du massif.

Avec la plantation de plus de 30 000 plants forestiers et un investissement largement supérieur aux revenus tirés des coupes sanitaires successives, le GFI France Valley Patrimoine fait aujourd’hui le choix de reconstruire une forêt résiliente et adaptée aux conditions climatiques futures, afin de préserver durablement ses fonctions écologiques, paysagères et économiques. 

Cette démarche s’inscrit pleinement dans la Charte de gestion durable de France Valley, qui vise à concilier préservation du capital naturel, le maintien de la biodiversité, et l’adaptation des peuplements au changement climatique avec la production durable de bois d’œuvre.