Chaque été, l'actualité des feux de forêt peut raviver des inquiétudes légitimes. L’été 2026 a été témoin de nouvelles canicules record et, en dépit de mesures préventives, plus de 100 000 ha ont brûlé avec des feux particulièrement marquants, d’abord en forêt de Fontainebleau début juillet, puis les feux de Gironde fin juillet.
Ce phénomène, loin d’être isolé, nous invite à vous partager des éléments de contexte utiles sur ces feux de forêts en France, afin d’objectiver ce risque.
Quelle est la situation actuelle ?
Rappelons tout d’abord que la France compte plus de 17 millions d’hectares de forêts. Ce sont plus de 100 000 hectares de forêts qui ont subi des incendies en France cet été, un record en cinquante ans de mesures satellitaires. Un mégafeu en Gironde a parcouru plus de 42 000 hectares à lui seul fin juillet — le plus grave épisode connu dans ce département depuis 1949. Naturellement, les canicules observées cet été et la période de sécheresse qui en découle sont les principaux facteurs qui expliquent ce niveau élevé.
En parallèle, l’exercice 2026 mis à part, les surfaces incendiées annuelles décroissent, et particulièrement sur des zones à risque comme le bassin méditerranéen :

Source : Système européen d’information sur les incendies de forêt, EFFIS, 2023
Cette diminution structurelle s’explique par la mise à disposition de moyens de lutte performants, tels l'investissement dans des pistes d'accès et des réserves d'eau, les obligations de débroussaillement, les interdictions de fréquentation des secteurs sensibles et la sensibilisation du grand public. Ces moyens doivent naturellement être aujourd'hui élargis à tout le territoire, sans exception, au vu de leur efficacité.
Quelles sont les causes de ces feux de forêts ?
L’IGN le rappelle : en 2025, 9 incendies de forêt sur 10 sont d’origine humaine :

Source : https://bdiff.agriculture.gouv.fr/indicateurs/graphiques
Il est donc plus que jamais nécessaire de multiplier les actions de prévention, en complément des dispositifs mis en place pour prévenir le déclenchement, traquer la propagation en temps réel et contenir puis éteindre les feux. Ces actions sont d’autant plus urgentes sur des forêts accueillant un trafic important à l’instar de la forêt de Fontainebleau et ses 10 millions de visiteurs annuels, victime de feux de forêts réguliers.
Quel impact à date sur les forêts de nos fonds ?
A date, en 2026, aucune forêt gérée par France Valley n’a été touchée par les incendies. L’exclusion, depuis toujours, de l’arc méditerranéen, ainsi que notre faible implantation dans les Landes, expliquent partiellement cette information.
Historiquement, sur l’ensemble du portefeuille de France Valley, représentant plus de 70 000 ha, la surface incendiée depuis 2013 représente 64 ha soit moins de 0,09 % de la surface globale.
Quel impact sur les valorisations de vos fonds ?
Il est bien sûr prématuré de vouloir mesurer l’impact de ces incendies sur les valorisations des forêts au global. Naturellement, si l’impact sur les forêts touchées est important, l’histoire a montré que la valorisation, en moyenne, n’a pas, ou peu, été impactée. On peut notamment noter l’impact de la tempête de 1 999 et son impact sur la valorisation de l’indice IEIF-ASFFOR*, qui a su maintenir sa valorisation dans les années qui ont suivi.
L’impact le plus immédiat sera probablement sur le cours des bois locaux dans les zones les plus touchées, et particulièrement sur la pâte à papier et ses débouchés. N’étant pas ou peu présent sur les principales zones touchées par les incendies, l’impact sur la valorisation des forêts de vos portefeuilles devrait être donc limitée, sans présager de la performance future.
*Indice disponible ici : Indice IEIF ASFFOR Fonds Forestiers France
L’ASFFOR et l'Institut de l'Épargne Immobilière et Foncière (IEIF) détiennent tous les droits de propriété relatifs à l'indice IEIF ASFFOR Fonds Forestiers France®. L’ASFFOR et l’IEIF ne peuvent cependant être tenus responsables de l’usage qui est en fait. " IEIF ASFFOR Fonds Forestiers France ® " est une marque déposée de l’ASFFOR et de l’IEIF.
Les mesures prises par France Valley pour anticiper et gérer les aléas climatiques
Nous avons coutume de dire qu’une forêt entretenue et bien gérée sera moins vulnérable face aux incendies. En effet, les éclaircies réduisent la masse combustible, le débroussaillement limite la continuité du combustible au sol, les pistes et pares-feux facilitent l'accès des secours et contiennent la progression. Les forêts gérées sont généralement moins sensibles aux incendies, du fait de la diminution de la masse combustible lors des éclaircies et des travaux réalisés sur les accès et la desserte.
Néanmoins, les forêts gérées durablement ne sont pas épargnées par les incendies, puisque 9 fois sur 10, un départ de feu est d’origine humaine.
Chaque forêt française gérée par France Valley est donc couverte par une assurance en responsabilité civile et contre les aléas climatiques (tempête, neige lourde, grêle) et les incendies. Avant la signature authentique, chaque actif fait ainsi l'objet d'un audit permettant de déterminer un taux de couverture assurantiel selon, notamment, la zone géographique (les risques différant beaucoup selon les départements), les essences présentes et leur maturité.
Clément Roche, Directeur des Investissements et de la gestion des Actifs Naturels
En effet, les peuplements matures possèdent un profil de risque à l'incendie historiquement modéré. En effet, plus les diamètres sont importants, moins la chaleur engendrera de mortalité et ainsi de perte financière lors de la vente des bois post-incendie. Par exemple, les bois de plus de 20 cm de diamètre qui ont brûlé lors de l'incendie landais en 2022 ont certes succombé aux flammes mais leur qualité de bois n'a pas été impactée et ils ont pu être commercialisés dans de bonnes conditions. S'agissant de la mortalité, les résineux sont plus sensibles que les feuillus. Cela ne nous exonère toutefois pas des frais de reboisement et de reconstitution nécessaires par suite des aléas.
En revanche, les jeunes peuplements dont aucun des bois ne possède de valeur commerciale en raison des faibles diamètres connaissent quant à eux un risque particulièrement important en termes de mortalité et de perte financière à l'incendie, qu'importe l'essence qui les compose. De plus, ce type de peuplement est le plus souvent valorisé non pas seulement au coût de revient mais selon les revenus futurs escomptés. En cas d'incendie, il s'agit donc d'une perte pure qu'il est nécessaire de couvrir fortement.
Selon tous ces critères, les couvertures mises en place par France Valley varient de 10 à 100 % de la valeur des peuplements forestiers avec une moyenne à 30 % qui correspond à un coût supportable par le rendement forestier. In fine, l'impact économique de l'assurance pour le GFI France Valley Patrimoine représente environ 0,20 % de la valeur du patrimoine en valeur d'acquisition.
France Valley fait toutefois partie des institutionnels qui possèdent le plus haut taux de couverture. Rappelons également que près de 90 % des propriétaires de forêt n'ont pas souscrit à un contrat d'assurance. De plus, les plantations post-incendie sont aujourd'hui éligibles au label bas carbone du Ministère de la Transition écologique, permettant de générer et vendre des « crédits » carbone qui peuvent venir s'ajouter aux indemnisations d'assurance.
France Valley est pleinement mobilisé avec son réseau d’experts forestiers afin de vous transmettre la meilleure remontée d’informations. Nous espérons que ces malheureux événements qui, outre les conséquences économiques, chamboulent la biodiversité, la séquestration de carbone à court et moyen terme et nos paysages, se traduisent par un accompagnement national de renforcement des moyens humains et matériels, afin de préserver notre patrimoine naturel.
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Auteur : Clément Roche, Directeur des Investissements et de la gestion des Actifs Naturels