Chaque été, l'actualité des feux de forêt peut raviver des inquiétudes légitimes. L’été 2026 est témoin de nouvelles canicules record, et, en dépit de mesures préventives, de nouvelles forêts sont en proie aux flammes à l’image de l’incendie qui a touché la forêt de Fontainebleau et traversé plus de 2 000 ha. Ce phénomène, loin d’être isolé, nous invite à vous partager des éléments de contexte utiles sur ces feux de forêts en France, afin d’objectiver ce risque.
Rappelons tout d’abord que la France compte plus de 17 millions d’hectares de forêts. Au 15 juillet 2026, ce sont déjà plus de 40 000 ha de forêts qui ont subi des incendies en France avec plus de 11 000 départs de feu. Cette valeur est comparable à l’année 2022 à la même période, année où la Gironde avait été particulièrement touchée par les incendies. Naturellement, les canicules observées ces dernières semaines et la période de sécheresse qui en découle sont les principaux facteurs qui expliquent ce niveau élevé et ne devraient pas diminuer à l’avenir.
En parallèle, les surfaces incendiées annuelles décroissent, et particulièrement sur des zones à risque comme le bassin méditerranéen :
Source : Système européen d’information sur les incendies de forêt, EFFIS, 2023
Cette diminution structurelle s’explique par la mise à disposition de moyens de lutte performants, tels l'investissement dans des pistes d'accès et des réserves d'eau, les obligations de débroussaillement, les interdictions de fréquentation des secteurs sensibles et la sensibilisation du grand public. Ces moyens doivent naturellement être aujourd'hui élargis à tout le territoire, sans exception, au vu de leur efficacité.
L’IGN le rappelle : en 2025, 9 incendies de forêt sur 10 sont d’origine humaine :
Source : https://bdiff.agriculture.gouv.fr/indicateurs/graphiques
Il est donc plus que jamais nécessaire de multiplier les actions de prévention, en complément des dispositifs mis en place pour prévenir le déclenchement, traquer la propagation en temps réel et contenir puis éteindre les feux. Ces actions sont d’autant plus urgentes sur des forêts accueillant un trafic important à l’instar de la forêt de Fontainebleau et ses 10 millions de visiteurs annuels, victime de feux de forêts réguliers.
A date, en 2026, aucune forêt gérée par France Valley n’a été touchée par les incendies. Historiquement, sur l’ensemble du portefeuille de France Valley, représentant plus de 70 000 ha, la surface incendiée depuis 2013 représente 64 ha soit moins de 0,09 % de la surface globale.
Bien entendu, nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la situation dans la mesure où la situation était amenée à évoluer durant la période estivale.
Nous avons coutume de dire qu’une forêt entretenue et bien gérée sera moins vulnérable face aux incendies. En effet, les éclaircies réduisent la masse combustible, le débroussaillement limite la continuité du combustible au sol, les pistes et pares-feux facilitent l'accès des secours et contiennent la progression. Les forêts gérées sont généralement moins sensibles aux incendies, du fait de la diminution de la masse combustible lors des éclaircies et des travaux réalisés sur les accès et la desserte.
Néanmoins, les forêts gérées durablement ne sont pas épargnées par les incendies, puisque 9 fois sur 10, un départ de feu est d’origine humaine.
Chaque forêt française gérée par France Valley est donc couverte par une assurance en responsabilité civile et contre les aléas climatiques (tempête, neige lourde, grêle) et les incendies. Avant la signature authentique, chaque actif fait ainsi l'objet d'un audit permettant de déterminer un taux de couverture assurantiel selon, notamment, la zone géographique (les risques différant beaucoup selon les départements), les essences présentes et leur maturité.
Clément Roche, Directeur des Investissements et de la gestion des Actifs Naturels
En effet, les peuplements matures possèdent un profil de risque à l'incendie très modéré. En effet, plus les diamètres sont importants, moins la chaleur engendrera de mortalité et ainsi de perte financière lors de la vente des bois post incendie. Par exemple, les bois de plus de 20 cm de diamètre qui ont brûlé lors de l'incendie landais en 2022 ont certes succombé aux flammes mais leur qualité de bois n'a pas été impactée et ils ont pu être commercialisés dans de bonnes conditions. S'agissant de la mortalité, les résineux sont plus sensibles que les feuillus. Cela ne nous exonère toutefois pas des frais de reboisement et de reconstitution nécessaires par suite des aléas.
En revanche, les jeunes peuplements dont aucun des bois ne possède de valeur commerciale en raison des faibles diamètres connaissent quant à eux un risque particulièrement important en termes de mortalité et de perte financière à l'incendie, qu'importe l'essence qui les compose. De plus, ce type de peuplement est le plus souvent valorisé non pas seulement au coût de revient mais selon les revenus futurs escomptés. En cas d'incendie, il s'agit donc d'une perte pure qu'il est nécessaire de couvrir fortement.
Selon tous ces critères, les couvertures mises en place par France Valley varient de 10 à 100 % de la valeur des peuplements forestiers avec une moyenne à 30 % qui correspond à un coût supportable par le rendement forestier. In fine, l'impact économique de l'assurance pour le GFI France Valley Patrimoine représente environ 0,20 % de la valeur du patrimoine en valeur d'acquisition.
France Valley fait toutefois partie des institutionnels qui possèdent le plus haut taux de couverture. Rappelons également que près de 90 % des propriétaires de forêt n'ont pas souscrit à un contrat d'assurance. De plus, les plantations post incendie sont aujourd'hui éligibles au label bas carbone du Ministère de la Transition écologique, permettant de générer et vendre des « crédits » carbone qui peuvent venir s'ajouter aux indemnisations d'assurance.
France Valley est pleinement mobilisé avec son réseau d’experts forestiers afin de vous transmettre la meilleure remontée d’informations. Nous espérons que ces malheureux événements qui, outre les conséquences économiques, chamboulent la biodiversité, la séquestration de carbone à court et moyen terme et nos paysages, se traduisent par un accompagnement national de renforcement des moyens humains et matériels, afin de préserver notre patrimoine naturel.
Auteur : Clément Roche, Directeur des Investissements et de la gestion des Actifs Naturels