Impacts possibles du COVID-19 sur l’investissement foncier

Le COVID-19 a-t 'il un impact sur les Groupements Forestier ou les Groupements Viticoles ?

Groupements Forestiers

Impact COVID sur les Groupements Forestiers et viticoles

En premier lieu rappelons que les Groupements Forestiers sont des solutions d’investissement de long terme, dont la performance tient pour l’essentiel au potentiel de revalorisation des parts dans le temps, avec l’évolution de la valeur du foncier forestier. A ce titre, compte tenu de la demande pour le bois construction, la substitution aux produits dérivés du pétrole notamment, rien de changé. 

Les revenus des Groupements Forestiers, modestes, sont réalisés en vendant les bois coupés. Le prix et parfois les volumes de vente dépendent de la demande. Ces ventes sont organisées en général dans deux périodes de l’année, au printemps et à l’automne pour les ventes aux enchères, quand elles ne font pas l’objet de contrats d’approvisionnement avec les transformateurs de premier niveau.

De nombreuses scieries ont dû arrêter leur production, comme bien des entreprises en France. Les plus fragiles d’entre elles pourraient ne pas s’en relever. A contrario, certains poursuivent leur activité, et plus encore, les unités de transformation produisant des palettes et de la pâte à papier sont au contraire en tension, pour fournir les marchés de la logistique notamment, que le gouvernement protège en ce moment, tant le transport de marchandises est important pour notre économie.

De nombreuses ventes prévues partout en France sont décalées, ce qui devrait avoir un impact sur les volumes de bois vendus pendant l’année si les ventes suivantes, en particulier cet automne, ne les compensent pas complètement. S’agissant des Groupements Forestiers de France Valley, l’essentiel des ventes étaient prévues cette année sur le second semestre.

Par ailleurs, les forêts les plus productives en ce moment dans nos Groupements Forestiers écoulent leur bois en application de contrats d’approvisionnement conclus avec des opérateurs solides, leaders en France des sciages de résineux ou de feuillus. En outre, ces contrats obligent les acheteurs à prendre les bois proposés pour un volume déterminé sur la durée du contrat, de sorte que si les volumes pris étaient un peu inférieurs cette année, ils seront au contraire supérieurs les années suivantes. Quant aux prix prévus, ils sont indexés sur des indices annuels de l’année précédente, ils ne bougeront donc pas en 2020, peut-être en 2021, mais nous pensons que ce sera marginal si cela se produit.

Nous le disions en introduction, les Groupements Forestiers sont des produits de capitalisation. Or, comme à chaque période de crise boursière, les actifs tangibles ressortiront probablement renforcés par la recherche de décorrélation des marchés financiers. Il n’est donc pas exclu que dans ce contexte la forêt apparaisse comme une valeur refuge, voire comme un actif patrimonial stratégique, alors que l’offre de massifs intéressants reste structurellement limitée.

En conclusion, nous considérons que s’il devait y avoir un impact à cette crise sanitaire sur la performance de nos Groupements Forestiers, ce ne serait que marginalement sur le rendement, pour une durée limitée à cette année 2020. Au contraire, la recherche de la forêt comme actif décorrélé devrait durer longtemps, en particulier dans un contexte de taux bas, ce qui pourrait avoir un impact positif sur la valeur des forêts et donc des parts.

Groupements
Viticoles

Impact Covid Groupements Viticoles

La performance d’un Groupement Viticole se mesure à l’évolution de la valeur des parts, et à leur rendement. Ce dernier dépend, s’agissant des Groupements Fonciers Viticoles (GFV) de France Valley et de sa Foncière Viticole, de la quantité de raisins vendue et de leur prix de vente.

La crise sanitaire liée au COVID 19 affectera très probablement la consommation mondiale de Champagne. Dès lors que cette crise sanitaire passagère se transmettrait plus durablement à l’économie, cette baisse de la consommation pourrait se prolonger. En revanche, France Valley demeure convaincue qu’à long terme, la consommation de Champagne, portée par la Chine à l’instar du Japon qui en 20 ans est devenu le troisième importateur mondial, entraînera avec elle à la hausse le prix du foncier.

L’impact immédiat sur les revenus du GFV Champenois France Valley (investi sur les vignes exploitées par François Godart) sera limité, puisque les reventes de raisins font l’objet d’un contrat d’approvisionnement pluriannuel avec Veuve Clicquot et Moët & Chandon, qui prévoit un prix de base minimum calculé sur une moyenne pluriannuelle. À ce prix de base s’ajoutent plusieurs primes, dont celle liée au label Haute Valeur Environnementale des vignes, qui elles ne changent pas.

S’agissant du GFV Champenois France Valley II (vignes exploitées par V.Testulat) et de la Foncière Champenoise France Valley, les négociations des contrats d’approvisionnement sont gelées, moins du fait de craintes des acheteurs, que du fait de leur indisponibilité. Les maisons de Champagnes et les coopératives sont toutes concentrées sur la vinification des moûts récoltés en 2019, dans des conditions sanitaires protégeant leurs salariés.

Cependant, il est possible que le volume maximum de production autorisé soit un peu revu à la baisse cette année, même si en réalité il s’agit pour la profession de produire pour satisfaire la consommation dans 3 ans (après la vinification). Ce volume était de 10.200 kg par hectare en 2019, et de 10.800 kg/ha en 2018. Le volume de raisins vendus aux négociants pourrait donc, lui, être touché, marginalement.