Entrer dans le cœur de la gestion forestière réalisée par France Valley

Modes de vente des bois : épisode 1/2

Ventes aux enchères, à l’unité de produit, bord de route, sur pied, à réception usine, ces termes vous semblent bien abstraits, on vous explique tout du fonctionnement des Groupements Forestiers de France Valley ! Mais toute d’abord, pour rappel, il n’y a pas de coupes dans replantation ou travail de la régénération naturelle !

Groupement Forestier vente de bois bord de route

Les potentiels acheteurs étudient les grumes vendues bord de route pour préparer une offre éventuelle lors des adjudications

Groupement Forestier arbre martelé

Chêne vendu sur pied martelé pour être identifié. Il est également marqué au pied pour que toutes les souches restantes puissent être identifiées comme des arbres qui avaient effectivement été mis en vente.

Arbre d'un Groupement Forestier vendu sur pied

Arbre numéroté pour une vente sur pied. Deux potentiels acheteurs l’ont marqué à leur tour pour s’assurer de sa prise en compte.

Vente « bord de route »

Lors de la vente d’un lot de bois bord de route, le Groupement Forestier assure le suivi du marquage des arbres à prélever (selon un Plan Simple de Gestion agréé par une agence de l’État). Il supporte les coûts d’exploitation et emploie l’exploitant de son choix. A l’issue de la coupe et du débardage de ses arbres (déplacement vers les endroits accessibles), ils seront disposés sur une place de dépôt, accessible par les camions grumiers, où les potentiels acheteurs pourront venir les examiner avant de faire parvenir leur offre au propriétaire.

Le Groupement Forestier peut vouloir maîtriser l’exploitation pour s’assurer qu’elle sera réalisée avec respect des sols, des chemins, des peuplements forestiers ou d’une régénération spontanée.

La volonté d’obtenir un prix plus élevé justifie aussi ce choix. En effet, la présentation de lots bord de route par le Groupement Forestier permet aux scieurs de s’assurer des qualités des bois (taille, rectitude, nœuds), ce qui est plus qu’incertain au jugé d’un arbre encore sur pied. Le Groupement Forestier peut également adopter une stratégie d’« épicier », en triant les bois par qualité homogène. En effet, un même acheteur, en particulier de feuillus, ne valorise souvent pas tous les types de produits (certains sont intéressés par les bois de charpente, d’autres par les bois de palette, de bois énergie…).

Ce pari s’avère risqué si les bois abattus ne trouvent pas rapidement preneur, l’attaque des insectes et des champignons peut être rapide.

Les ventes bord de route sont à privilégier lorsque :

  • Les bois sont de très bonne qualité
  • Les lots présentent un volume important en cas de tri
  • Les débouchés sont assurés par un contrat d’approvisionnement
  • La forêt possède un réseau satisfaisant de places de dépôt de bois et de pistes
  • L’essence et les qualités présentées sont recherchées
  • Les exploitations sont complexes
  • Les sols ou les peuplements forestiers sont très sensibles

Vente de « bois sur pied »

Ce mode de vente a la préférence des propriétaires pour sa sécurité et sa facilité de mise en œuvre.  Le potentiel acheteur reçoit, lors de la consultation, une fiche de lot lui indiquant la parcelle concernée, un descriptif sommaire des arbres sélectionnés faisant l’objet de la vente (essence, qualité, diamètre, volume, qualité indicatives et certification) ainsi que les conditions de l’exploitation telles que : les périodes autorisées pour le débardage, les chemins à emprunter, les zones de stockage, le délai d’enlèvement des bois…. Il peut alors se rendre en forêt et identifier les arbres concernés grâce au marquage, réalisé sur chacun d’entre eux, à la peinture et/ou au marteau forestier dont l’empreinte est propre à chaque expert ou coopérative. Si le prix proposé par l’acheteur ne convainc pas le Groupement Forestier, il pourra reporter la vente sans avoir engagé de frais ni pris le risque de ne pas vendre des bois coupés.

La vente sur pied impose au propriétaire ou à son gestionnaire un suivi rigoureux lors des exploitations pour éviter tous dégâts sur les sols, aux arbres restants et au réseau de pistes et chemins.

A l’issue de l’enlèvement des bois, le gestionnaire peut vérifier que toutes les souches fraîchement coupées comportent l’empreinte de son marteau et donc s’assurer que seuls les bois marqués ont été coupés par l’acheteur.

Les bois sont vendus sur pied  lorsque :

  • Les essences et les qualités du lot sont peu recherchées
  • Les marchés et les débouchés sont incertains
  • Les lots sont d’une qualité ordinaire, sans grande valeur ajoutée
  • Le volume proposé est peu important
  • Les lots sont très hétérogènes en termes d’essences ou de qualité

Modes de vente de bois : épisode 2/2

Groupement Forestier vente de bois sur pied

Lot de chênes de qualité vendu aux enchères à un excellent prix de 240 €/m3 – Bois des Gâtines – Groupement Forestier Investissement Forêts ISF XII

Groupement Forestier d'Investissement vente bord de route

Vente bord de route de Douglas dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement – Forêt du Cheylard – Groupement Forestier d’Investissement France Valley Patrimoine

Vente aux enchères

Moment le plus attendu de l’année par les acheteurs, propriétaires et gestionnaires, la vente aux enchères de bois est le lieu où se confrontent l’offre et la demande et qui permet de prendre le pouls du marché.

Quelques mois auparavant, les potentiels acheteurs reçoivent un catalogue des lots à vendre en séance, ce qui leur permet de les visiter, d’évaluer les bois, d’estimer les coûts d’exploitation (abattage et débardage) et de prendre connaissance des conditions particulières (périodes d’exploitation, accès, dépôts, délai d’enlèvement, respect des zonages environnementaux…).

Les lots sont présentés, un à un, en séance, selon un ordre défini par tirage au sort, il n’est en effet pas rare que les prix évoluent au cours de la vente selon la tension régnant dans la salle. Chaque acheteur transmet son offre par écrit et la glisse dans une corbeille pour être ensuite ouverte et lue à haute voix si elle figure parmi les trois plus importantes. Quand l’offre dépasse le prix de retrait fixé par France Valley, le lot est attribué. Les participants à la vente doivent préalablement obtenir une caution bancaire afin de s’assurer de leur capacité financière.

Dans une moindre mesure, des consultations restreintes, par courrier, peuvent être organisées tout au long de l’année.

Ce mode de vente est privilégié pour les bois d’œuvre (massif) résineux et feuillus en « bloc » bord de route ou sur pied.

Vente par contrat d’approvisionnement 

Elle a principalement été développée par les coopératives forestières jouissant d’importants volumes de bois mobilisables chez leurs adhérents et permettant d’assurer un approvisionnement régulier aux industries de la première transformation.

Les ventes sont principalement réalisées bord de route et à l’unité de produit, ce qui signifie qu’un prix par unité de mesure (m3, stères, tonnes) est convenu selon un cahier des charges précis (essence, longueur, diamètre, défauts ou qualités acceptés) entre l’acheteur et le groupement forestier qui assurera l’exploitation. Le paiement aura donc pour base la quantité réellement exploitée, au contraire d’une vente dite « en bloc », pour laquelle seul le volume est estimé.

Le contrôle des volumes vendus peut s’effectuer par mesure des bois avant leur départ de la forêt, à réception usine par des cubeurs certifiés et en croisant les informations provenant des bucherons, des abatteuses et des débardeurs.

Ce mode de vente est traditionnellement réservé aux bois résineux et aux feuillus destinés à l’Industrie ou à l’Energie. Un contrat peut être conclu pour une période de plusieurs semaines à plusieurs années, ou selon un volume à atteindre. Le prix peut, quant à lui, être indexé sur des mercuriales de ventes locales ou sur les cours des produits semi-finis (charpente, avivé, merrain…) afin de retranscrire les évolutions du marché.

L'analyse de France Valley

La vente aux enchères demeure, pour nos groupements, le meilleur moyen d’obtenir, pour des lots de qualité présentant un volume ordinaire, des prix satisfaisants.

Convaincus que le développement et la modernisation des industries françaises de premières transformations ne pourront exister qu’avec une sécurisation de leur approvisionnement, nous avons conclu des contrats d’approvisionnement pluriannuels quand cela s’est montré opportun :

  • Forêt du Cheylard : 15 000 m3 de Douglas, sur 3 ans
  • Forêt de Palluau : 5 000 m3 de chênes de qualité sur 3 ans
  • Forêt du Pic du Pal et des Mazes : 30 000 m3 d’épicéas sur 3 ans

Bien que cette méthode de vente soit encore marginale pour nos groupements, France Valley souhaite renforcer ses partenariats afin de démocratiser ces pratiques qui ont comme avantages de :

  • Mobiliser rapidement des volumes conséquents
  • Garantir les prix de vente à moyen terme
  • Permettre d’être réactif lors de marchés chahutés ou de crise phytosanitaire (scolyte)
  • Valoriser au meilleur prix tous les produits en multipliant les contrats avec de nombreux partenaires

Mais alors pourquoi, à l’inverse de l’Allemagne ou des pays scandinaves, la filière française a-t-elle toujours préféré la vente aux enchères au contrat d’approvisionnement ?

En premier lieu, assurément par tradition, la vente aux enchères est un moment particulier qu’un propriétaire forestier lambda vit peu souvent, il veut donc s’assurer de vendre ses bois au meilleur prix.

Ensuite, la structuration de la propriété forestière, particulièrement morcelée, est peu propice à mobiliser des volumes importants.

Enfin, la singularité des bois vendus, en particulier du Chêne, essence très convoitée. Un seul arbre peut être découpé en plus de 6 qualités différentes, valant de 2 €/m3 à plus de 400 €/m3.

Malgré notre souhait de propriétaire forestier de vendre nos bois au meilleur prix, nous ne pensons pas que les envolées de prix nourries par une crainte des scieurs quant à leur approvisionnement, soit salutaire pour la filière. Les ventes aux enchères, à l’heure d’un manque criant d’investissement et de trésorerie dans les scieries et d’un besoin de stabilité des prix, nous semblent être un modèle bien dépassé quand il est possible de mobiliser des volumes importants et réguliers de bois de qualité.